Romancer l’histoire

21 octobre 2009

Je sais, je devrais bloguer plus souvent, mais j’étais occupée par mes travaux universitaires. Quant à mon projet, il est déjà amorcé. J’ai en effet rencontré les jeunes le 30 septembre et je devrais les revoir le 16 novembre. D’ici là, ils auront choisi le sujet de leur recherche.

Mais le vrai sujet ne se situe pas là. Il y a présentement, du moins au Québec, un phénomène prenant de l’ampleur dans la littérature : le roman historique. Je n’ai pas assez lu de ces livres pour m’en faire une idée exacte, mais je crois comprendre une partie de la logique entourant le récit : il s’agit surtout d’une histoire reliée à un événement, une période ou un personnage historique, dans lequel interviennent des personnages hors de l’ordinaire, car sortant des moeurs et des lois dictées par l’époque. C’est une perspective envoûtante pour les lecteurs, qui souhaitent sortir de leur quotidien par l’exotisme de l’époque, tout en se reconnaissant dans un des personnages du livre. Cependant, sans condamner l’existence de ce courant, je voudrais mettre une mise en garde.

Il ne faut pas croire que le héros (ou l’héroïne) puisse exister réellement dans cette réalité historique. Il aurait pu exister, mais aurait-il pu s’affranchir de la pression sociale de son époque aussi facilement que le lecteur l’aurait fait s’il était à sa place ? Je ne crois pas, non. Le héros (ou l’héroïne) aura encore quelques influences issues de la mentalité de son époque. Par exemple, une femme de la Nouvelle-France du 17e siècle pourrait être indépendante et rester célibataire, mais elle serait devenue une religieuse, puisque c’était la norme à cette époque. Bien entendu, je ne suis pas historienne de la Nouvelle-France et je pourrais me tromper à propos de mon exemple, alors si quelqu’un d’entre vous a remarqué une erreur, je serais ravie de lire votre commentaire à ce sujet ;)

Cependant, n’oubliez pas, lorsque vous lisez un livre, vous lisez le point de vue de l’auteur et ses thématiques qui lui tiennent à coeur. Je sais que vous préférez vous laissez aller à cette lecture et pour cela, je vous pardonne. Or, il ne faut pas croire que parce que c’est un roman historique que tout est vrai là-dedans. Mais si ça peut initier des lecteurs à un événement, une période ou un personnage ayant marqué l’histoire, je me dis : pourquoi pas ? :)

Mise à jour du 21 octobre 2009, vers midi : Vicky Lapointe, du blogue Patrimoine, Histoire et multimédia, m’a fait parvenir cet article de Claude Jasmin à propos du roman historique, alors que le premier tome d’Hélène de Champelain était publié. Merci Vicky ! ^^

Ce matin, j’ai lu cet article qui disait que la réforme a développé la capacité des élèves à travailler en équipe et à dire des opinions, mais pas la capacité à être autonome. Sur le coup, ça m’inquiétait car les élèves devront travailler seuls pour la première partie du projet (c’est-à-dire de septembre à décembre) et je me demandais s’ils seraient capable de garder leur motivation, encore plus lorsqu’il s’agit d’un projet qu’on aime plus ou moins.

Puis, il me vint cette réflexion : les élèves ont toujours préféré travailler en équipe qu’en solo. Du moins, c’est ce qui me revient lorsque j’étais au secondaire. Tout le monde avait hâte de retrouver leurs amis pour travailler ensemble. Même si c’était pour dire des conneries entre deux problèmes de mathématiques, ça faisait toujours du bien de rigoler. Malheureusement, dans la vraie vie, nous ne pourrons pas toujours travailler avec nos amis et nous devrons maintenir une bonne entente avec nos pires ennemis.

Voilà en quoi mon projet est différent des habituels travaux d’équipe : au mois de janvier, les équipes seront formées selon les capacités et les préférences des élèves, et non en fonction des amitiés. Ils devront apprendre à coopérer malgré leurs différends, puisque la réussite du projet dépend des efforts de chacun d’entre eux. Cette coopération est semblable à une chaîne : c’est le plus faible des maillons qui constitue sa solidité. Tout ce que nous pouvons espérer, c’est que les faiblesses des uns seront compensées par les forces des autres et vice-versa. Voilà la véritable compétence, bien au-delà de savoir lire, écrire et compter : le savoir-vivre en société.

Tout doucement, je prépare les instructions à l’intention des élèves avec qui je vais travailler.  Chaque étape du projet sera important, mais je crois que la première d’entre toutes sera la plus importante, puisque c’est dans cette première étape que les élèves devront choisir le sujet de leur exposition.  J’ai suivi le conseil de mon patron à Kinnear’s Mills et j’ai mis une liste de dix suggestions.  Ils devront en choisir trois parmi ceux-ci et le choix qui aura obtenu le plus de votes sera le sujet auquel ils devront se consacrer durant leur année scolaire.  Bien entendu, je sais que je ne pourrais plaire à tout le monde, mais je suis sûre qu’il suffit de s’adapter à la situation pour que chacun puisse y trouver son compte. 

Cependant, il y a encore en moi ce doute qui me ronge quand je pense à ma première visite chez les futurs élèves de secondaire 4, au mois de mars.  C’est au cours de cette visite que je leur ai remis un sondage, dans lequel ils devaient m’indiquer leurs talents, leurs passions ainsi que la question suivante : “Êtes-vous intéressé par le projet proposé ?”  Une minorité a dit “Oui”, une autre minorité a dit “Non”, mais un peu plus de la moitié des élèves a répondu “Peut-être”.  Quelques mois plus tard, après ma première visite, seront-ils motivés à me suivre dans cette folle aventure ?  Seul le temps nous le dira…

Je profite de la parution de cet article (dans lequel on parle d’un don d’Hydro-Québec à une école privée) pour aborder mon choix d’éducation, mon choix personnel et entrepreneurial : l’école publique.  Je ne sais pas d’où me vient ce sentiment de défendre ce type d’école.  Il y a de fortes chances que cela vienne de mon père, qui ne portait pas l’école privée dans son coeur.  Je crois même que c’est lui qui m’a dit que la vraie vie se passe à l’école publique.  Sinon, je suis sûre que j’ai dû l’entendre quelque part (en espérant que ce ne soit pas dans un épisode de Virginie :P ).

Quoiqu’il en soit, j’ai fréquenté l’École polyvalente de Disraeli pendant cinq ans.  Parce que c’était l’école la plus proche de chez nous, tout simplement.  Je ne crois pas que mes parents étaient ambitieux.  Tout ce qu’ils souhaitaient, c’était de voir leurs enfants faire leurs devoirs, réussir leur année et décrocher leur diplôme secondaire.  Il n’y avait aucune pression de performance.  Les ambitions, c’étaient plutôt nous qui les construisaient.

Voilà pourquoi je prends mal toute critique se rapportant à l’école publique (déjà que je suis assez susceptible ;) ).  J’ai vu tant d’adultes (autant professeurs que membres du personnel) se consacrer avec passion à notre école, que ce soit pour l’École du cirque ou un défilé de mode, malgré le milieu plutôt modeste, malgré le budget serré.  C’est tout un défi et ça m’attriste de penser qu’on oublie ces efforts trop souvent.

Je comprends que les parents se soucient de l’éducation de leurs jeunes en songeant à les envoyer à l’école privée.  Seulement, rappelez-vous que ce ne seront pas les notes de vos enfants qui leur assureront un bel avenir.  Ils devront développer des compétences, en particulier des compétences sociales, afin qu’ils puissent bien s’adapter à la société dans laquelle nous vivons.  Songez également à la force que pourrait créer une communauté si elle s’impliquait davantage dans les écoles situées dans leur milieu.  Il y a un proverbe africain disant qu’il faut un village pour élever un enfant.  Je penser qu’en apportant les connaissances de tout un milieu, les Trouvailles du grenier pourrait connaître un succès, à la condition que tous croient en ce projet.  Parce moi j’y crois.

Période de doute

4 août 2009

Depuis quelques semaines, j’échange avec une personne ressource la façon avec laquelle je comptais monter le projet.  C’est à partir du moment où je lui ai montré l’échéancier dudit projet qu’elle a commencé à réaliser l’ampleur de sa tâche.  Je dois avouer que j’aurais dû lui en parler avant, mais j’avais peu de temps à cause de mon emploi d’été.  Quoiqu’il en soit, ses commentaires ont semé le doute en moi.

J’ai tenté de la rassurer, mais j’ai bien peur qu’elle ait raison sur certains points.  En effet, jusqu’à quel point les professeurs seront impliqués dans mon projet ?  Il ne faut pas oublier qu’ils ont un programme à donner et ce seront sûrement ceux qui sont les plus chargés qui refuseront d’apporter leur aide.  Quant au financement, ce n’est pas un problème, nous pouvons nous adapter.  Et c’est en cela que le doute est bénéfique : il permet à la personne de mieux progresser, car elle aura redoublé d’efforts pour corriger ses erreurs de parcours.  Le doute fait partie de la vie et cette personne doit apprendre à vivre avec l’incertitude.

Malheureusement, le doute fait planer en moi la peur de l’échec.  Je le sais qu’il n’y a rien de catastrophique si le projet échouait, mais j’aurais eu l’impression de passer à côté de quelque chose si cela s’arrêtait avant même la rentrée scolaire.  Je n’ai pas envie de priver les élèves de ce qui pourrait être une belle expérience.  Surtout lorsqu’il s’agit d’une école défavorisée.  Je n’ai pas envie d’interpréter cela comme l’échec de l’école publique.  Je suis sûre qu’on peut y arriver, seulement il faudra être solide pour un projet pilote, déjà si chancelant.

Ce n’est pas ma première période de doute et ce ne sera certainement pas la dernière.

Septembre approche et, ce qui semble un sujet inévitable pour les journalistes, à en croire que c’est une éternelle mode : parler de l’éducation, mais surtout parler (en mal) de l’éducation.  C’est bien connu, les nouvelles se vendent mieux lorsque ça va mal.

Récemment, on aborde le problème de décrochage scolaire chez les garçons.  Écrit dans le Journal de Montréal :  “Malgré l’inquiétude que suscite le taux de décrochage au Québec, plus de 65 % des gars, à Montréal et dans Lanaudière, n’avaient obtenu aucun diplôme l’an dernier, cinq ans après leur entrée au secondaire.” (Source)  Du côté de Cyberpresse : “Le taux global de diplomation sur sept ans est actuellement de 72% au Québec, révèlent les données du Ministère. Quand on sait que le rapport Ménard sur le décrochage scolaire souhaite faire passer ce taux à 80%, l’objectif paraît ambitieux.”  (Source)

Ce sujet revient souvent et les blogues d’actualité tentent à comprendre pourquoi la situation chez les garçons est si problématique.  Et souvent vient un de ces constats : il n’y a pas de modèle masculin chez les garçons.

Les Trouvailles du grenier est un projet voulant valoriser l’histoire locale (et du coup les cours d’histoire).  Or, si je veux sensibiliser les jeunes à cette valorisation, dois-je trouver des modèles d’historien ?  Et voilà que je tombe sur un os : connaissent-ils déjà un historien contemporain québécois ?  Soyons réaliste, leurs modèles sont rarement des intellectuels, mais plus des vedettes (de sport, de cinéma, de musique, etc.).  Et c’est peut-être pour cela que les jeunes (voire la société) accordent peu d’importance à l’éducation, car accordent peu d’importance à leurs intellectuels.  D’un côté, je les comprends : qui voudrait d’une autre commission Bouchard-Taylor ?

Ainsi, non seulement faudrait-il trouver des modèles masculins, mais également des modèles intellectuels.  Des modèles forts, possédant du leadership et inspirants.  Tiens, et pourquoi pas demander de bons modèles en politique ? :P

Sérieusement, quel modèle devons-nous offrir aux jeunes ?

Qu’est-ce qu’un bon cours d’histoire ?  Bien que je ne pense pas me diriger vers l’enseignement (quoique seuls les fous ne changent pas d’idée), mon projet doit être aussi passionnant qu’un bon cours d’histoire.  Voilà qui explique pourquoi je me pose cette question.

À mon avis, un cours d’histoire est bon lorsque l’enseignant réussi à faire revivre le passé.  Ce n’est pas un question de dates (comme j’ai pu le mentionner dans un billet), mais également d’ambiances, de mentalités et de mises en situation.  Un exemple : il y avait beaucoup de jeunes filles qui se mariaient autour de l’âge de 14 ans en Nouvelle-France (je ne suis pas sûre de l’âge, mais ça reste un jeune âge).  La raison en est bien simple : l’espérence de vie était plus courte à leur époque qu’à la nôtre.  D’autres pourraient ajouter que ces jeunes filles étaient beaucoup plus matures que celles de notre temps (après tout, elles savaient déjà coudre, cuisiner, s’occuper des enfants…).  Finalement, il pourrait exister plusieurs raisons, plusieurs facteurs expliquant le même phémomène.  Et c’est ce qui est fascinant avec l’histoire, puisqu’elle révèle aussi la complexité de l’être humain.

Et vous, qu’est-ce qu’un bon cours d’histoire ?

Le choix du sujet de l’exposition est très important, puisqu’il c’est à partir de ce sujet que les élèves dirigeront leurs recherches.  Je voudrais qu’ils choississent eux-mêmes leur sujet, afin qu’ils puissent s’y attacher et ressentir un meilleur contrôle sur leur exposition (après tout, ce sera leur exposition, pas la mienne).  Par contre, je me demande si ma façon de travailler est la bonne.

Ce matin, j’ai eu une discussion avec mon boss (car il faut préciser que je travaille sur le site historique de Kinnear’s Mills pour l’été).  Je voulais connaître son avis concernant mon projet, ce à quoi il m’a recommandé d’avoir une liste de sujets pour les étudiants afin que je puisse mieux les encadrer.  C’est peut-être une bonne idée, mais j’aurais l’impression que je contrôle les étudiants, que je les force à choisir, alors qu’il y a tant de choses qui pourraient être explorées.  Mon boss m’a expliqué que le sujet devait être original afin d’attirer le plus de personnes possible, mais aussi réalisable (c’est-à-dire un sujet pas trop difficile pour les recherches).

C’est alors que je me pose cette question : jusqu’à quel point devons-nous faire confiance aux capacités des élèves ?  Peut-être que ma mémoire est floue, mais quand j’avais 16 ans, j’étais une élève ambitieuse, qui fonçait dans des projets inédits sans faire équipe avec qui que ce soit (à part avec les profs).  Je devrais faire attention pour ne pas trop leur en demander.  La préparation d’une exposition est une épreuve de longue haleine, au même titre que la préparation d’une pièce de théâtre.  La capacité d’avoir une vision à long terme n’est peut-être pas acquise chez tous les élèves, dépendamment de leur niveau de maturité.  À bien y penser, c’est ce type de projet qui peut les sensibiliser à des projets à long terme (études post-secondaires, carrières, réalisations de rêves d’enfance…). 

Oui, je dois être exigeante avec eux, à condition que j’aie gagné leur confiance de façon respectable.  Même si je suis une des premières à déplorer l’irresponsabilité de certains jeunes, je crois qu’il existe d’autres jeunes qui ont besoin de défis à leur hauteur.

Alors qu’un élève sur cinq résidant à Montréal et à Laval va aller à l’école privée l’automne prochain (du moins, c’est ce que dit cet article du Journal de Montréal), je me questionne sur ce qui ne va pas dans l’éducation.

Un exemple ?  Récemment, un article du Devoir révèle que la stratégie d’intervention Agir autrement, malgré l’investissement de 200 millions, n’a pas donné des résultats significatifs dans la persévérance scolaire parmi les écoles participantes.  C’est ce genre de nouvelles qui me décourage, comme si, peu importe l’argent qu’on y met, cela ne servira à rien.

Et si on n’avait pas besoin de cet argent-là ?

En effet, je suis sûre qu’avec peu de moyens, il est possible de faire de grandes choses.  Par exemple, avec une bonne stratégie de marketing, on peut réussir à se faire connaître sur Twitter ou Facebook sans un sou.  Dans le cas des Trouvailles du grenier, ce seront les objets et photographies, empruntés à la communauté, qui feront partie de l’exposition des élèves.  Les coûts les plus importants seraient l’occupation de l’exposition dans un local d’un centre communautaire.

Je mentirais en disant que l’implantation du projet est gratuit, mais je suis certaine qu’avec un peu d’imagination, on peut arriver à financer l’exposition.  J’ai prévu un comité d’élèves qui s’occuperait de cette tâche.  Ce seront eux qui devront :

- trouver des partenaires financiers
- rédiger le budget
- octroyer l’argent pour la stratégie de communication
- décider du prix d’entrée à l’exposition
- compter l’argent recueilli
- rédiger le compte des dépenses versus les profits
- créer un compte pour les profits en vue des créations des futures expositions

D’une certaine façon, je les sensibilise à l’entrepreneuriat, puisque les musées, même si leur but est d’abord éduquer la population, ont besoin d’être rentables.  Oui, je crois que l’argent a du bon, à la condition qu’elle ne soit pas dépensée inutilement.  Je ne sais pas si cela est dû à notre vieille mentalité catholique, celle qui déteste s’enrichir, mais il faut considérer l’argent comme un outil.  Un outil contribuant à l’enrichissement collectif (qu’il soit culturel ou économique).

Le pourquoi du comment

13 juillet 2009

Difficile de savoir comment se présenter lors d’un premier contact.  La première impression est en effet celle qui perdure le plus longtemps, jusqu’à preuve du contraire.  Dans mes ateliers d’entrepreneuriat, on a insisté sur l’importance d’avoir une carte d’affaires.  À défaut de ne pas en avoir une, j’ai plutôt créé un blogue, histoire de me trouver des partenaires assez fous pour s’engager dans mon projet, de près ou de loin.

Mais bon, il faut bien que je me présente, si vous voulez avoir un meilleur avis.  Je m’appelle Christine Hébert, j’ai 21 ans et j’étudie présentement à l’Université Laval en Baccalauréat intégré en sciences historiques et études patrimoniales.  L’automne prochain, ce sera ma troisième et dernière année de mon baccalauréat, mais également la première année de mon projet pilote, Les Trouvailles du grenier (cliquez ici pour en savoir plus).  Il s’agit d’un projet élaboré pour mon Profil entrepreneurial, mais que je compte bien appliquer afin que plusieurs soient sensibilisés à leur histoire locale.  D’ici là, je fais quelques démarches afin d’être prête à donner la matière nécessaire aux élèves et d’être bien encadrée par leur enseignant en “Histoire et éducation à la citoyenneté”.

N’hésitez pas à me poser des questions, cela me fera un grand plaisir de vous répondre.  ;)