Bon vendredi à tous ! Je vous imagine déjà en train de rêver à votre fin de semaine. Allez-vous y célébrer la Saint-Valentin ? Seul, en couple ou avec des amis ? Que l’on soit pour ou contre cette fête, nous avons l’impression qu’il s’agit d’une tradition bien ancrée dans la réalité, et ce grâce aux commerçants. Tradition, dites-vous ? Et d’abord, qu’est-ce que la tradition ?

Selon l’ethnologue Jocelyne Mathieu, la tradition « se définit par une dynamique intrinsèque, c’est-à-dire par un processus de transmission du savoir, du savoir-faire et du savoir-être, par la parole et par le geste, au sein d’une collectivité d’appartenance ; elle se construit donc de faits collectifs plutôt que d’habitudes individuelles particulières. » (Source : MATHIEU, Jocelyne. « Les recherches ethnologiques au Québec : à propos du concept de tradition ». A-M Desdouits et L. Turgeon (dir.), Ethnologies francophones de l’Amérique et d’ailleurs, Québec, Presses de l’Université Laval, p. 38.)

Traduction : la tradition se transmet d’une génération à une autre et se base sur un fait commun à une communauté. Tout comme la Saint-Valentin. Or, dans le même texte, Mme Mathieu nous dit qu’actuellement « les ethnologues et d’autres chercheurs en sciences humaines s’entendent pour dire que la culture et la tradition sont construites. Le passé est réapproprié pour être utilisé dans le présent. » (Ibid., p. 47.)

En effet, la Saint-Valentin, comme les autres traditions, sont des constructions culturelles. Jean-Sébastien Marsan, auteur de Les Québécois ne veulent plus draguer… et encore moins séduire, a publié une série de billets sur son blogue concernant les origines de la Saint-Valentin. Pour résumer, la Saint-Valentin remonterait à l’Antiquité, alors que les Romains fêtaient le dieu de la fertilité, Lupercus, le 15 février. Toujours vers la mi-février, l’Europe médiévale célébrait les premiers dégels sous forme de jeux et de danses, prétextes utiles aux célibataires voulant se séduire. (Source) Parlant de moyens de séduction, les Anglais ont perpétué cette tradition consistant à envoyer des mots doux à l’élu de son coeur. (Source) Quant aux origines du nom Saint-Valentin, il s’agit d’un décret de l’Église catholique, plaçant la fête le 14 février, date pendant laquelle, selon une croyance médiévale, les oiseaux s’accouplent ce jour-là. (Source)

Ainsi, de l’Antiquité à aujourd’hui, cette fête réservée aux célibataires est devenue accessible à tous, une fait que déplore M. Marsan : « À mon humble avis, c’est dommage que les couples soient invités à célébrer la Saint-Valentin. Ça dilue le sens initial de la fête, qui donnait une chance aux célibataires de se séduire. Au Québec, on en aurait bien besoin… Qu’en pensez-vous ? » (Source) Selon moi, il existerait deux solutions à envisager :

1) Ou bien la Saint-Valentin retourne à son sens initial, c’est-à-dire une fête consacrée à la rencontre amoureuse
2) Ou bien certains célibataires, constant qu’il serait impossible de changer le sens actuel accordé à la Saint-Valentin, entreprennent la création d’une nouvelle fête, plus appropriée à leurs besoins et à leurs valeurs

N’oublions pas que c’était souvent par le biais des fêtes que nos ancêtres se rencontraient. Personnellement, c’était à des noces que les parents de ma mère se sont rencontrés. Ne pourrions-nous pas donner une chance aux célibataires de s’amuser entre eux sans qu’ils aient à subir la pression de leurs pairs ?

Sur ce, je vous souhaite une bonne Saint-Valentin et surtout, amusez-vous bien ! ;)

Laisser sa marque

26 septembre 2009

La mort est un paradoxe. On la glorifie, notamment lorsqu’une célébrité meurt tragiquement dans son moment de gloire, mais on la craint, surtout lorsque nous-mêmes sommes confrontés à ce sort, accidentel ou non. Comment expliquer cette différence de point de vue ? Personnellement, je crois que, célébrité ou non, nous espérons tous un dernier soubresaut de reconnaissance, une trace qui va se perpétuer dans le temps.

Lors de mes cours d’histoire, j’ai compris que que n’importe quoi pouvait être une source pour l’historien. Oui, n’importe quoi : un livre de recettes de cuisine, un témoignage oral sur la colonisation en Abitibi, une facture d’un magasin Eaton, un pot de chambre… Tout peut être source, cela dépend comment du sujet que l’historien veut étudier.

De nos jours, Internet est considéré comme une mine de ressources, fiables ou non. Je pense au mal de tête que vont endurer les historiens du futur lorsqu’ils vont étudier nos comptes Facebook ou Twitter. D’ailleurs, est-ce que ces comptes vont encore exister au moment de notre mort ? Et qu’en est-il de nos blogues, de nos sites Internet ? Une des preuves que je ne suis pas la seule à me poser des questions se trouve dans cet article de Rue89.

Certains d’entre vous pourraient se rassurer en pensant que leur compte deviendra inactif lorsque Internet aura évolué (et Dieu sait à quelle vitesse il évolue), mais méfiez-vous : un jour, des historiens n’auront pas le choix d’avoir des notions d’informatique s’ils souhaitent fouiller dans les archives ;)

Si vous avez quelques minutes de liberté devant vous, je vous suggère de jeter un coup d’oeil à la chronique de Jean-Simon Gagné intitulée “Le bonheur de ne pas être historien“. En résumé, ce texte fait référence aux controverses créées lors d’anniversaires d’événements historiques, notamment au Québec. Et, pendant ce temps-là, cela donne l’occasion pour certains d’allumer des débats parfois inutiles. Cela doit être la raison pour laquelle nous n’arrivons pas à aller de l’avant, parce que nous n’arrêtons pas de tourner le fer dans la plaie.

Bref, veuillez m’excuser de mon cynisme et continuons. Dans ce que M. Gagné a écrit, il y a une phrase que je trouve intéressante : “Au Québec, pour s’intéresser à l’histoire, il faut un moral d’acier.” Je confirme ce fait. Surtout lorsque la parenté vous demande en quoi vous étudiez. Et, qu’ensuite, elle vous demande où cela va vous mener. J’aimerais bien leur donner une réponse claire et précise, mais ça reste encore flou dans ma tête. Ce n’est pas parce que je n’ai aucune possibilité, mais parce qu’il y a tant de possibilités (du moins, selon moi) qu’il est difficile de s’y retrouver.

C’est un choix de carrière qui semble frustrant en apparence, mais j’aime mes cours. De toute façon, j’ai été prévenue par un de mes professeurs à l’université : un historien, c’est fait pour brasser la cage (ce ne sont pas ses termes exacts, j’essaie de rester polie). Quand à moi, j’ose espérer amener plus de gens à réfléchir sur notre rapport entretenu avec l’histoire.

Maîtriser la question

21 juillet 2009

Tout d’abord, un petit coucou à ceux qui ont connu mon blog grâce au billet “L’histoire patatisée” : plus de 9850 visionnements uniquement sur cette page !  J’espère pouvoir retenir ceux qui s’intéressent à l’histoire, à l’éducation et aux autres débats de notre société, qu’importe la nationalité.

Et maintenant, le programme principal.  Cela fait longtemps que je me pose la question et cette question se fait de plus en plus insistante, surtout à l’approche de ma troisième et dernière année de baccalauréat : dois-je faire ma maîtrise ou non ?

D’un côté, je n’ai aucune idée de mon futur métier, je suis toujours hésitante.  Pour qui vais-je travailler ?  Pour un musée ?  Pour une université ?  Pour le gouvernement ?  Je ne suis pas certaine pour le gouvernement, j’ai peur de perdre mon temps là-bas.  En fait, si j’avais un métier de rêve, ce serait d’être chercheure à domicile.  Tout ce que j’aurais à faire, c’est de collecter des données (entrevues) auprès de personnes consentantes et les envoyer (par courriel) à l’université pour laquelle je travaillerais.  Ne croyez pas que je vivrais comme une ermite, c’est juste que j’aimerais bien vivre en-dehors de Québec ou Montréal. ;)

Mais voilà, est-ce une bonne idée de faire ma maîtrise pour devenir chercheure ?  On m’a dit que ça prendrait même un post-doctorat pour le devenir.  D’un côté, il en faudra, des ethnologues, pour recueillir la mémoire des baby-boomers.  D’un autre côté, je me demande si le Québec (et le Canada) aura les moyens d’encourager les recherches scientifiques.  Je devrais cesser de m’en faire.  Après tout, je pourrais également travailler dans le domaine historique ou patrimoniale.  Par contre, je serais curieuse d’avoir les avis de ceux qui ont fait une maîtrise (ou qui songent à en faire une).

Le pourquoi du comment

13 juillet 2009

Difficile de savoir comment se présenter lors d’un premier contact.  La première impression est en effet celle qui perdure le plus longtemps, jusqu’à preuve du contraire.  Dans mes ateliers d’entrepreneuriat, on a insisté sur l’importance d’avoir une carte d’affaires.  À défaut de ne pas en avoir une, j’ai plutôt créé un blogue, histoire de me trouver des partenaires assez fous pour s’engager dans mon projet, de près ou de loin.

Mais bon, il faut bien que je me présente, si vous voulez avoir un meilleur avis.  Je m’appelle Christine Hébert, j’ai 21 ans et j’étudie présentement à l’Université Laval en Baccalauréat intégré en sciences historiques et études patrimoniales.  L’automne prochain, ce sera ma troisième et dernière année de mon baccalauréat, mais également la première année de mon projet pilote, Les Trouvailles du grenier (cliquez ici pour en savoir plus).  Il s’agit d’un projet élaboré pour mon Profil entrepreneurial, mais que je compte bien appliquer afin que plusieurs soient sensibilisés à leur histoire locale.  D’ici là, je fais quelques démarches afin d’être prête à donner la matière nécessaire aux élèves et d’être bien encadrée par leur enseignant en “Histoire et éducation à la citoyenneté”.

N’hésitez pas à me poser des questions, cela me fera un grand plaisir de vous répondre.  ;)