Entrevue avec… Vicky Lapointe (3/3)
6 novembre 2009
Hé oui, l’entrevue se termine dans ce billet. J’espère que vous avez apprécié et n’hésitez pas à consulter le blogue de Vicky Lapointe (ou son compte Twitter).
Les parties précédentes :
Entrevue avec… Vicky Lapointe (1/3)
Entrevue avec… Vicky Lapointe (2/3)
8. Selon toi, quel est le plus grand tabou en histoire ?
Je ne crois pas qu’il y ait vraiment de tabous en histoire, mais certains sujets sont controversés et /ou délicats à traiter, comme ce qui a trait à des événements dramatiques (ex. un génocide).
9. Quelle place devrait avoir l’histoire dans la société ?
Sans surprise, je pense que l’histoire devrait avoir une plus grande place dans notre société. Par exemple, dans les médias, les historiens sont peu sollicités à moins qu’il n’y ait une controverse comme celle de la reconstitution de la bataille des Plaines d’Abraham. Regarder du côté de l’histoire permet d’enrichir les débats et de comprendre ce qui est à l’origine de bien des événements…
Et comme je suis sensible à la question de la préservation du patrimoine, je crois que si l’on s’intéressait plus à l’histoire, il y aurait moins de biens patrimoniaux vandalisés, laissés à l’abandon ou détruits. On comprendrait mieux leur valeur historique.
10. Comment devrait s’enseigner l’histoire auprès de la population?
Il faut rendre l’histoire vivante pour que les gens se sentent concernés et intéressés. Les moyens sont divers: le web (médias sociaux, expositions virtuelles, etc), les médias (chroniques historiques dans les journaux, émission de télé) des publications (revues et livres) et par des événements spéciaux (conférences, visite de lieux historiques et de musées, Journées de la culture). Invitons les gens à s’impliquer, par exemple en devenant membre de la société d’histoire de leur localité. Il faut que la population participe, qu’elle soit curieuse quant à son passé, qu’elle s’approprie son histoire.
Montrons que l’histoire n’est pas réservée aux universitaires et que ce n’est pas plate. Il faut savoir vulgariser efficacement.
11. L’histoire peut-elle cohabiter avec les autres sciences humaines ? Si oui, avec lesquelles peut-elle tisser de grands liens ?
Plusieurs disciplines sont à considérer: la géographie, l’ethnologie, l’anthropologie, l’archéologie, la communication, etc.
Par exemple, pour ce qui est de la géographie, il faut comprendre que c’est un élément important important en histoire. Par exemple, lorsqu’un village était fondé, on considérait la situation géographique du lieu, les ressources naturelles à portée de main, etc. Connaître la géographie d’un lieu aide à mieux l’histoire des gens qui y habitent.
Les disciplines en sciences humaines amènent d’autres points de vue, des outils et d’autres angles d’analyse en histoire.
L’étude de la communication nous aide à diffuser efficacement l’histoire.
Il faut aussi regarder du côté des sciences de l’information. Les historiens ont intérêt à collaborer avec les archivistes: la question de la gestion de l’information numérique est importante. Beaucoup de documents naissent de nos jours sous forme virtuelle. C’est ce que les historiens étudieront plus tard. Mais dès aujourd’hui, il faut assurer la conservation de l’information. Que conservera-t-on? Et comment? A suivre…
Quant aux bibliothécaires, ils nous permettent de nous y retrouver dans toute cette ”infobésité”.