Nous continuons cette entrevue avec Vicky Lapointe, qui s’est prêtée à cette toute première entrevue pour ce blogue. D’ailleurs, nous abordons dans cette partie l’apport des technologies en histoire.

La partie précédente :
Entrevue avec… Vicky Lapointe (1/3)

5. Pourquoi as-tu créé ton blogue ?
J’ai étudié en histoire profil multimédia à l’université. Depuis la fin de mes études, je travaille dans un autre domaine. Avec ce blogue, je replonge dans le monde de l’histoire et du patrimoine du Québec et d’ailleurs. Ce moyen de communication me permet de partager mes découvertes avec mon lectorat, que ce soit un livre ou un site web. Je veux aussi faire la promotion de l’histoire régionale.

J’aborde dans mes billets d’autres thèmes comme les bibliothèques, la généalogie et les archives.

Ce blogue me permet aussi de réfléchir sur la problématique de la diffusion de l’histoire. Pour rédiger mes billets, je visite des sites internet et je lis des livres. Cela me permet d’évaluer quels sont les meilleurs moyens pour faire connaître l’histoire. J’en conclu qu’il y en a plusieurs : les jeux en ligne, les expositions virtuelles, les médias sociaux, etc.

Rétrospectivement, je constate que bloguer m’a permis d’élargir des champs d’intérêts et mes connaissances en histoire. C’est une belle façon de se réapproprier ce qu’on a lu et analysé.

J’aime l’idée d’avoir fait découvrir aux gens des ressources utiles en histoire.

6. Selon toi, quelle est la plus grande difficulté lorsqu’on blogue ?
La plus grande difficulté, lorsqu’on blogue, c’est de persévérer. Il faut se constituer un lectorat, écrire regulièrement et faire de la promotion. Mais être patient et constant porte fruit :) Ne pas se décourager quand on a des pannes d’inspiration. Bloguer est un apprentissage constant.

7. Quelle place peut avoir l’histoire à travers la technologie ?
Utilisons la technologie pour diffuser l’histoire, pour l’enseigner à un large public via des productions multimédias, des expositions virtuelles, des blogues, etc. C’est fascinant de voir ce que l’on peut réaliser avec une caméra et un ordinateur, sans que cela ne coûte une fortune.

J’aime beaucoup des sites internet comme celui du Musée McCord et du Canal Historia. On peut y voir des photographies, des émissions, des expositions virtuelles, etc. Et le public peut collaborer au contenu. Par exemple, les gens peuvent attribuer des mots-clés à des photographies exposées sur le site du Musée McCord. On appelle cela du web collaboratif.

La suite :
Entrevue avec… Vicky Lapointe (3/3)

Hé oui, peut-être que vous ne l’avez pas remarqué, mais j’étais présente au TweetUp du 27 octobre, au Hilton de Québec. Il faut dire que j’étais un peu timide et je n’ai pas eu le temps de rencontrer toutes les personnes qui étaient présentes. Cependant, j’ai eu la chance de rencontrer Laurent Anne, de Un chef à la maison, avec qui j’ai constaté à quel point le passé d’un pays influence l’éducation de l’histoire.

M. Anne étant Français, il a fait la constatation que le Canada accorde moins d’importance à l’histoire puisqu’il s’agit d’un pays en paix. Je protestais, après tout, le Canada a connu la guerre de Sept ans et celle de 1812, mais il faut avouer qu’il s’agit d’un pays qui a connu moins de conflits que ceux de l’Europe. Quand j’y pense, c’est quelque chose qui a du sens. Lorsque nous connaissons quelqu’un qui a connu la guerre, nous sommes plus sensibilisés au passé, nous voulons savoir ce qui a provoqué cette guerre et comment éviter le conflit à l’avenir.

Voilà pourquoi je crois que l’histoire locale a sa place. Il est plus facile d’y mettre un visage lorsque notre famille y est impliquée. Ainsi, l’arbre généalogique peut s’avérer un outil efficace dans la sensibilisation à notre histoire, puisque nous pouvons relier tel événement à tels ancêtres : nous pouvons savoir qu’ils étaient là, même s’ils n’étaient pas au courant des conséquences de ces événements. L’histoire n’est pas seulement relateur de faits, il est relateur d’émotions.

Merci M. Anne de m’avoir inspiré ce billet.

Voici la première partie de la première des entrevues consacrées aux bloggeurs d’histoire, avec Vicky Lapointe, créatrice du blogue Patrimoine, Histoire et multimédia et diplômée en histoire (baccalauréat et maîtrise profil multimédia à l’Université de Sherbrooke). Son blogue, qui existe depuis novembre 2008, contient divers billets mis à jour fréquemment à propos de sujets divers. Mais laissons-la se révéler à nous grâce au questionnaire…

1. Vers quel âge as-tu ton premier coup de coeur historique ?
Mon premier coup de cœur, je l’ai eu pour des livres d’histoire. Vers l’âge de 9 ou 10 ans, on m’a donné de vieux manuels d’histoire des années 40 et 50 en cadeau. J’aimais lire des récits à propos de la construction des pyramides d’Égypte, des rois de France, des voyages de La Vérendrye, etc. Cela me permettait de découvrir un monde à cent milles lieux de mon quotidien. Je possède toujours ces livres.

2. Pourquoi tu t’es intéressée à l’histoire ?
Ce que j’aime en histoire, c’est l’aspect ”enquête”. On cherche les indices, on les analyse et on tire des conclusions. Les historiens sont un peu des détectives du passé. J’aime faire des recherches et analyser des sources

3. Il y a-t-il une période historique qui t’intéresse en particulier et pourquoi ?
Le 19e siècle. L’apparition de la photographie, l’art romantique, la littérature, la musique classique… Ce fût un siècle effervescent en matière de culture.

4. Si tu pouvais voyager à travers le temps, quel personnage historique aurais-tu souhaiter rencontrer et pourquoi ?
Il n’y a pas un personnage en particulier, mais plutôt un type de personnage. Les mystères non-résolus me fascinent. J’aimerais bien connaître l’identité de l’homme au masque de fer et Jack l’éventreur (mais pas rencontrer ce dernier, trop dangereux ;) ). Qui étaient-ils? Quelle est la part de vérité dans la légende qui les entoure?

La suite :
Entrevue avec… Vicky Lapointe (2/3)
Entrevue avec… Vicky Lapointe (3/3)

Cette session, à l’université, je voulais aborder les liens tenus entre les blogues québécois traitant une des sciences historiques du département d’histoire (histoire, histoire de l’art, ethnologie, archéologie, archivistique et muséologie). Malheureusement, incapable de créer une grille d’évaluation de ces liens, j’ai changé de sujet. Cependant, je sens le besoin de créer des liens avec les autres blogues. Je songe à ajouter plus de liens dans ma “blog list”, mais je veux faire plus. Pourquoi pas interviewer les créateurs de ces blogues ? Voilà pourquoi, dans les prochains jours, vous aurez droit à des entrevues concernant ceux préoccupés par l’histoire et ses disciplines connexes. En même temps, cela m’obligera à bloguer plus souvent. ;)

Romancer l’histoire

21 octobre 2009

Je sais, je devrais bloguer plus souvent, mais j’étais occupée par mes travaux universitaires. Quant à mon projet, il est déjà amorcé. J’ai en effet rencontré les jeunes le 30 septembre et je devrais les revoir le 16 novembre. D’ici là, ils auront choisi le sujet de leur recherche.

Mais le vrai sujet ne se situe pas là. Il y a présentement, du moins au Québec, un phénomène prenant de l’ampleur dans la littérature : le roman historique. Je n’ai pas assez lu de ces livres pour m’en faire une idée exacte, mais je crois comprendre une partie de la logique entourant le récit : il s’agit surtout d’une histoire reliée à un événement, une période ou un personnage historique, dans lequel interviennent des personnages hors de l’ordinaire, car sortant des moeurs et des lois dictées par l’époque. C’est une perspective envoûtante pour les lecteurs, qui souhaitent sortir de leur quotidien par l’exotisme de l’époque, tout en se reconnaissant dans un des personnages du livre. Cependant, sans condamner l’existence de ce courant, je voudrais mettre une mise en garde.

Il ne faut pas croire que le héros (ou l’héroïne) puisse exister réellement dans cette réalité historique. Il aurait pu exister, mais aurait-il pu s’affranchir de la pression sociale de son époque aussi facilement que le lecteur l’aurait fait s’il était à sa place ? Je ne crois pas, non. Le héros (ou l’héroïne) aura encore quelques influences issues de la mentalité de son époque. Par exemple, une femme de la Nouvelle-France du 17e siècle pourrait être indépendante et rester célibataire, mais elle serait devenue une religieuse, puisque c’était la norme à cette époque. Bien entendu, je ne suis pas historienne de la Nouvelle-France et je pourrais me tromper à propos de mon exemple, alors si quelqu’un d’entre vous a remarqué une erreur, je serais ravie de lire votre commentaire à ce sujet ;)

Cependant, n’oubliez pas, lorsque vous lisez un livre, vous lisez le point de vue de l’auteur et ses thématiques qui lui tiennent à coeur. Je sais que vous préférez vous laissez aller à cette lecture et pour cela, je vous pardonne. Or, il ne faut pas croire que parce que c’est un roman historique que tout est vrai là-dedans. Mais si ça peut initier des lecteurs à un événement, une période ou un personnage ayant marqué l’histoire, je me dis : pourquoi pas ? :)

Mise à jour du 21 octobre 2009, vers midi : Vicky Lapointe, du blogue Patrimoine, Histoire et multimédia, m’a fait parvenir cet article de Claude Jasmin à propos du roman historique, alors que le premier tome d’Hélène de Champelain était publié. Merci Vicky ! ^^